"J'ai dû tout quitter"

 

Trésor, Valentin et Rose ont dû fuir de chez eux à cause de la guerre.

Portraits sur le vif de personnes déplacées en Afrique

Par Ben Betsalel - Birom Seck

 

Migrations, traversées du désert et de la Méditerranée, débats enflammés en Europe… l’attention des médias et des opinions publiques ne fait que croître. Cependant, peu de personnes savent que la plupart des personnes déplacées en Afrique ne partent pas volontairement et restent  à l’intérieur de leurs frontières. Les faits parlent d’eux-mêmes. À la fin 2016, sur les 18 millions de personnes déplacées en raison de conflits et de violence sur le continent, au moins 12,5 millions de personnes n’avaient pas quitté le territoire national .

Derrière ces chiffres, des familles entières ont été forcées de fuir en raison d’une violence insensée, de destructions et de pertes difficiles à imaginer sans frémir. Beaucoup ont perdu des êtres chers, ont tout abandonné, y compris leur dignité et leur place dans la société.

Nous voulons raconter leurs parcours.

 

Jusqu'en mars, nous partagerons avec vous , de nouveaux portraits et histoires.

 

EN SAVOIR PLUS

 

Une longue crise

Le lac Tchad est le point de rencontre de quatre pays de l'intérieur du continent africain: le Cameroun, le Nigeria, le Niger et le Tchad. C'est un endroit compliqué. Les conflits font rage dans la région depuis près de 10 ans. La crise a commencé au Nigéria avant de se propager aux pays voisins. Selon les estimations, plus de 2 millions de personnes sont déplacées entre ces quatre pays.

Après la République centrafricaine avec Birom Seck, le peintre Ben Betsalel s'est rendu en décembre au Tchad avec un autre producteur audiovisuel, Eric Samson Chege, pour continuer à décrire le quotidien des personnes déplacées en raison de la guerre. Ils sont arrivés dans la province du Lac au Tchad, une zone touchée par la violence depuis 2015 et qui compte actuellement plus de 120'000 personnes déplacées.

Des familles entières ont été obligées de fuir leurs îles à la recherche de sécurité. Les attaques répétées des villages par des groupes armés et des opérations militaires dans la zone occasionnent de nouveaux déplacements et empêchent les retours. Nous commençons cette semaine une série de six portraits réalisés au Tchad. Allons à leur rencontre.

Le portrait de la semaine