" J'ai dû tout quitter " - La campagne

 

Ben Betsalel (artiste - peintre) et Birom Seck (producteur audiovisuel), sont allés à la rencontre de déplacés internes avec un seul objectif : raconter leurs histoires différemment. 

 

 

Ben Betsalel, artiste-peintre résidant à Dakar, et Birom Seck, vidéaste du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), se sont rendus à Markounda, au nord-ouest de la République centrafricaine (RCA), ainsi que dans la capitale Bangui. Un seul but : rencontrer ces personnes à qui la guerre a tout pris, déplacées à l’intérieur même de leur pays, afin de témoigner en leur nom.

En RCA, aussi effrayant que cela puisse paraître, le phénomène du déplacement touche un cinquième de la population. Soit plus d’un million de personnes. Souvent, les personnes déplacées sont accueillies par les communautés qui, bien que n’ayant pas grand-chose, font preuve d’une grande solidarité.

Ben et Birom ont mis leur talent créatif au service d’hommes et de femmes touchés de plein fouet par la guerre. Ensemble, ils ont couché sur la toile et enregistré leur visage, en ayant préalablement improvisé un studio en plein air. Et dans ce cadre inhabituel, les langues se sont déliées, permettant aux artistes de recueillir des témoignages bouleversants.

« Cette démarche dite de portrait happening est un élément catalyseur de dialogue », explique Ben. « C’est un processus continu d’écoute et de mise en valeur des expériences des participants. En posant pour moi, alors que je peignais, ils ont commencé à parler de leur vie, de leur passé mais aussi de leurs espoirs. »

Par le biais de cette exposition, le CICR lance un appel à l’action, destiné principalement aux États et aux groupes impliqués dans les conflits armés : il leur appartient de prévenir les déplacements, de respecter le droit international humanitaire et, si besoin était, de porter assistance et d’assurer l’intégrité physique des personnes déplacées.

Il est aussi indispensable que les acteurs au conflit laissent les organismes humanitaires avoir accès aux populations déplacées afin que leurs besoins ainsi que ceux des communautés d’accueil soient couverts. Une action concrète, pour ceux qui ne l’ont pas encore entreprise, serait la ratification de la Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique, dite « de Kampala ». À ce stade, 27 des 55 états de l’Union africaine l’ont ratifiée.

 

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